« Retour

Hôtel particulier #12 : l'hôtel du Vieux-Raisin

Décembre 2015

Hôtel particulier #12 : l'hôtel du Vieux-Raisin

Avec les Archives municipales et l'Office de tourisme, partez chaque mois, à la découverte du patrimoine toulousain.Ce mois-ci, l'hôtel du Vieux-Raisin, 36 rue du Languedoc, un hôtel au décor savant.

Hôtel du Vieux-Raisin

Elévation antérieure. Friquart, Louise-Emmanuelle, Ville de Toulouse ; Inventaire général, Région Midi-Pyrénées, 2009, IVC31555_20093101346NUCA. En Une : Elévation antérieure, détail des ornements couronnant la porte de la grande tour hexagonale. Friquart, Louise-Emmanuelle, Ville de Toulouse ; Inventaire général, Région Midi-Pyrénées, 2008, IVC31555_20083100909NUCA.

Un hôtel à l'histoire riche et complexe

L'hôtel du Vieux-Raisin, qui doit son appellation à l'ancien nom de la rue, est le résultat de plusieurs campagnes de construction et d'aménagement réalisées depuis le 15e siècle. Pierre Dahus, capitoul en 1474-1475, est, à cette époque, propriétaire des bâtiments formant un seul ensemble avec l'actuel 9 rue Ozenne (Hôtel Dahus Tounoer). En 1515, l'hôtel est acquis par le professeur de droit Béringuier-Maynier, capitoul en 1515-16, qui entreprend de rénover l'ancien corps gothique et sa tour en fond de cour. Il fait également édifier deux ailes en retour ainsi que la tourelle latérale, donnant à l'édifice son plan en U. Les baies sont ornées de délicates arabesques dans le style de la Renaissance. La porte de la tour reçoit également un nouveau décor.

En 1547, la demeure est achetée par Jean Burnet, docteur en droit, qui parachève les transformations : les ailes latérales sont prolongées jusqu'à la rue et reliées par un portail formant un portique sur la cour. Le décor prend alors d'autres proportions et les références à l'antiquité se multiplient, donnant à l'ensemble un caractère très affirmé.

Inscrit de justesse aux monuments historiques

Les 18e et 19e siècles amènent de nombreuses modifications. Les baies du bâtiment en fond de cour sont refaites et agrandies, une aile est coiffée d'une toiture à longs pans brisés pour aménager un étage de comble, la tour est surélevée. Un petit pavillon est également construit au dessus du portique d'entrée. Les intérieurs sont réaménagés et remis au goût du jour. Malgré tout, cet hôtel conserve une unité architecturale qui lui permet d'être inscrit comme monument historique au journal officiel du 31 mars 1887. L'ouverture de la rue Théodore-Ozenne à l'arrière de la parcelle à partir de 1907 entraine la démolition d'un corps de bâtiment sans toucher toutefois à l'ensemble principal, contrairement à l'hôtel Dahus Tournoer qui perd une partie de son corps de logis principal. Ayant semble-t-il disparu de la liste des protections, un nouvel arrêté est voté le 6 juillet 1925, pour son inscription sur la liste supplémentaire des monuments historiques.

Une ornementation savante

Cet hôtel se distingue par l'ornementation de ses baies qui reflète le statut social des propriétaires à cette époque. En effet, l'emploi de la pierre sur un fond de mur en brique met en valeur les encadrements de fenêtres qui reçoivent alors l'essentiel du décor. Bien que réalisé par deux commanditaires, les ornements se complètent. Ici tout le vocabulaire dit « à l'antique » est décliné avec une grande virtuosité : atlantes et cariatides engainés, bustes, putti, têtes de lion, pilastres, rinceaux, cartouches, cuirs découpés, candélabres, guirlandes de feuillages et de fruits, pots… Des scénettes sont également gravées dans des médaillons mettant en scène nymphes et personnages mythologiques. Des devises complètent cette culture savante, si prisée à l'époque. Lisible sur l'arcade de la porte de la tour « VIVITUR INGENIO, CETERA MORTIS ERUNT » (« On vit par l'esprit, tout le reste appartient à la mort») invite à méditer sur la condition humaine tandis que Béringuier-Maynier revendique son érudition sur les murs de sa demeure, rue José-Félix : « TOGATI MAINERII EDES » - « LINGUA CO[N]STRUCTE FLORE[N]T »  (« la demeure de l'avocat Maynier » - « est florissante grâce à l'éloquence») !

Elévation latérale sud, détail d'une fenêtre, Louise-Emmanuelle, Ville de Toulouse ; Inventaire général, Région Midi-Pyrénées, 2008, IVC31555_20083100908NUCA.

Pour aller plus loin

> Avec les Archives municipales de Toulouse

- L'hôtel du Vieux-Raisin avec les Archives municipales de Toulouse sur Urban-Hist, le patrimoine toulousain à la carte, un site cartographique et une base documentaire sur le patrimoine toulousain.

- Sur Urban-Hist en mobilité, l'application à télécharger gratuitement

> Avec l'office de tourisme de Toulouse

- Toute l'année, l'office de tourisme propose de découvrir le patrimoine toulousain à travers ses visites guidées

www.toulouse-tourisme.com

La série " Les hôtels particuliers"