« Retour

Autour du canal du Midi #2 : le bow-string

Autour du canal du Midi #2 : le bow-string

Toute l'année 2016, chaque 10 du mois, partons découvrir les trésors autour du canal du Midi, alors que l'on célèbre les 350 ans de l'édit de son creusement et les 20 ans de son classement à l'UNESCO.  Ce mois de février, focus sur le bow-string : un pont type en béton sur le canal latéral à la Garonne.

Depuis 2013, nous partons chaque mois à la découverte du patrimoine toulousain grâce aux Archives municipales de Toulouse, avec l'Office de tourisme.

Canal latéral à la Garonne, photographie d'un chantier de construction d'un pont bow-string, 1930. Archives des canaux du Midi, CF 364.

Un canal bien tardif…

Dans son projet de joindre les deux mers par la terre, Pierre-Paul Riquet envisage un canal traversant le sud de la France de Sète à Toulouse, l'accès à l'océan se faisant ensuite par la Garonne. Si le canal du Midi a toujours permis une navigation en toute saison sans grand risque, la Garonne, connaissant trop souvent des périodes de crues ou d'étiage, mettait en dangers les bateaux et leurs cargaisons ainsi que les équipages. Pour faciliter le commerce, l'Etat envisage donc au début du 19e siècle, le creusement d'une nouvelle voie d'eau de 193 km, parallèle au fleuve, assurant la circulation des barques en toute occasion entre Toulouse et Castets-en-Dorthe, près de Bordeaux. Le projet d'étude réalisé par l'ingénieur en charge du projet, Jean-Baptiste de Baudre, est lancé en 1828 par l'ordonnance du 17 décembre. L'adjudication des travaux se déroule en 1839 et la première pierre est posée au pont-canal d'Agen le 25 août suivant par le duc d'Orléans. En 1856, l'ouverture du canal est fêtée en grande pompe mais l'euphorie est de courte durée.

… devenu rapidement obsolète

En effet, la gestion du canal latéral à la Garonne est confiée par l'Etat à la compagnie des chemins de fers du Midi nouvellement créée. Cette dernière, en pleine expansion, développe en priorité ses activités ferroviaires en donnant aux trains l'avantage grâce une politique tarifaire favorable. Dès la seconde moitié du 19e siècle, l'activité économique liée aux canaux décroît rapidement. Le rachat par l'Etat des voies d'eau en 1898 insuffle, pour un temps, une relance de l'activité batelière grâce à la suppression notamment des taxes de navigation. Toutefois, l'absence de mise en conformité des installations du canal du Midi et du canal Latéral au gabarit Freycinet défini en 1879, freine le développement du transport fluvial et les canaux sont peu à peu délaissés par les chargeurs. Les modernisations tardives de certains ouvrages par l'Etat dans les années 1970 ne relance pas l'activité marchande.

Pont Bow-string enjambant le canal latéral qui desservait le chemin de Fondeyre et le chemin de Fenouillet, actuellement simple passerelle. Photo Friquart Louise-Emmanuelle, Ville de Toulouse ; Inventaire général, Région Midi-Pyrénées, 2010, IVC31555_20103100780NUCA_P.

Un pont emblématique du canal de Garonne : le bow-string

Le canal latéral à la Garonne, traversé par plus de 80 ponts le long de son cheminement, a connu deux grands types d'ouvrages. Ceux réalisés lors de sa construction étaient des ponts suspendus dont le tablier en bois reposait sur des culées en brique ou en pierre. Etroits et peu solides, ils ne permettent plus dès le 1er quart du 20e siècle d'absorber la circulation automobile grandissante. Au début des années 1930, l'Etat lance un appel d'offre pour reconstruire l'ensemble de ces ponts sur un modèle dessiné par les ingénieurs des Ponts et Chaussées : le bow-string. En béton armé, cet ouvrage « en corde d'arc ou arc sous-tendu » est muni d'un tablier horizontal servant de tirant associé à des poutres latérales verticales (en arc au-dessus du tablier) encastrés l'un dans l'autre aux extrémités. Connaissant les mêmes désagréments que son prédécesseur, car limité à 16 tonnes, le bow-string connaît depuis la fin des années 1980, une grande vague de reconstruction. Toutefois, devenu emblématique du canal de Garonne, ce modèle est encore visible le long de son parcours. Il en existe un à Toulouse, à 2,623 kilomètres en aval des Ponts Jumeaux. C'est le pont de Béziat qui permet aujourd'hui à un cheminement piéton de franchir le premier bief du canal de Garonne.



Pont bow-string enjambant le canal latéral qui desservait le chemin de Fondeyre et le chemin de Fenouillet, actuellement simple passerelle. Photo :Friquart Louise-Emmanuelle, Ville de Toulouse ; Inventaire général, Région Midi-Pyrénées, 2010, ivc31555_20103100782NUCA.
 

Pour aller plus loin

> Avec les Archives municipales de Toulouse

Le bow-string avec les Archives municipales de Toulouse sur Urban-Hist, le patrimoine toulousain à la carte,  site cartographique et base documentaire sur le patrimoine toulousain.

- Sur Urban-Hist en mobilité, l'application à télécharger gratuitement

> Avec l'Office de tourisme de Toulouse

- Toute l'année, l'office de tourisme propose de découvrir le patrimoine toulousain à travers ses visites guidées

www.toulouse-tourisme.com

Les séries

2015 : Les hôtels particuliers toulousains

2014 : Toulouse 14-18 : les traces de la Grande Guerre

2013 : Regards sur... (canaux, fontaines, écluse et autre pont )