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3 questions à Laurent Pelly

3 questions à Laurent Pelly

Du 3 au 26 mars 2016, il met en scène, signe les décors et les costumes de la Cantatrice chauve de Ionesco. Absurde, drôle et cruelle à la fois… . Rencontre.

La Cantatrice chauve est la quatrième pièce de Ionesco que vous montez. Qu'est-ce qui vous attire particulièrement chez cet auteur ?

J'aime sa drôlerie tragique. Ionesco est un écrivain des extrêmes,toujours paradoxal, qui va très loin dans la noirceur et la folie comique. C'est du pessimisme joyeux. Ses pièces sont véritablement burlesques voire clownesques. On navigue sans cesse entre ces deux couleurs.

Quelle lecture faites-vous de la pièce ?
On peut la traiter de dix-mille manières différentes :burlesque, dramatique, ou alors très formelle voire musicale – il y a en effet tout un travail sur la sonorité des mots, sur le rythme. De mon côté, j'ai eu envie de parler du vide de la pensée. Ionesco décortique la mécanique
du quotidien. Ses personnages sont comme des marionnettes. C'est une pièce qui pose la question de l'absurde. Sa dimension visionnaire est glaçante.

Quel a été votre parti-pris scénographique ?
Jouer une pièce comme celle-là sur un plateau aussi grand, c'est un pari. L'espace créé du sens sur la pièce : j'ai donc travaillé sur la profondeur en imaginant une bande qui va jusqu'au fond du plateau, bordée par un mur de 8 mètres de haut. Les personnages y sont à la fois perdus et proches des spectateurs. Le décor est comme une blague,burlesque et cauchemardesque à la fois. Est-ce l'intérieur d'une maison, un lobby d'hôtel, l'antichambre de l'enfer ? À chacun de se faire son idée.

Photo © Polo Garat Odessa

La Cantatrice chauve de Ionesco. En savoir +